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Échappée en Belledonne : retour sur la traversée Nord

Trail
Rédigé par MaylisL-631 le 03/08/2026
Modifié par FlorieD-5bf le 03/08/2026
Publié par FlorieD-5bf le 03/08/2026
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📋 Ceci est un compte-rendu de la sortie « Traversée Nord de Belledonne en 3 jours »

Le 31 juillet, une fine équipe de traileurs familiers des sentiers escarpés, s'est élancée en Belledonne. Son objectif : 80 km, 6 000 m de dénivelé positif et négatif en trois jours, sur les traces de l'Échappée Belle.

J-1 : les préparatifs

Une liste de matériel obligatoire à faire rentrer dans un sac le plus «run-friendly» possible pour trois jours d'itinérance en terrain engagé.

Jour 1 : 6h45

Départ en train de Lyon vers Grenoble, pas de retardataire, un réveil en douceur grâce à un conducteur attentif. Plus vif ensuite, dans le bus qui nous conduit à Allevard grâce à un chauffeur qui n'a pas lésiné sur l'accélérateur selon Benjamin. Nous sortons sous un ciel gris foncé et une pluie peu engageante.

Premier jour d'échauffement mené par le rapide et élégant Alexandre Guyot et la douce et efficace Florie Doublet : 28 km, 2 000 m D+ et 1 300 m D-. Les sentiers sont assez roulants, Adriane et Martin ouvrent le chemin : Crêts du Poulet, Pleynet, Cascade du Pissou, nous entrons progressivement dans le massif.

Nuitée au gîte de la Martinette qui offre une terrasse agréable, une douche et un bon repas. La soirée se poursuit avec des jeux de société réservés aux cerveaux les plus cortexés : je nomme 2 pommes 3 pains (une sombre histoire de pommes et de pains qu'il faut compter très vite, sous peine de devoir faire une chorégraphie espagnole ou d'être traité de pain rassis). Hugo et Yann, quoique novices, excellent. Extinction des feux au coucher du soleil, pour être frais le lendemain.

Jour 2 : le crux

Départ fractionné à 7h30 et 8h30 selon les groupes pour le gros morceau de la traversée: le passage du col de la Valloire et de celui du Morétan, soit 25 km, 2 600 m D+ et 2 000 m D-. Un participant s'envole vers Lyon, une douleur au talon l'invitant à la prudence.

On nous avait annoncé du caillou, on a eu du caillou. Du caillou à l'horizontale, du caillou à la verticale. Le timing est précis et tous les moyens sont bons pour avancer : certains comptent les cailloux et comparent leurs résultats : « 60 456 789, et toi ? » D'autres, plus littéraires, se lancent dans un concours de jeux de mots hyper puissants : « La mort étant la crainte ultime, ça n'avait pas l'air d'en valoir la peine. Pourtant, au milieu des belles donnes, ils ont bouclé la traversée ! »

Le soleil est haut, dégageant des paysages à couper le souffle. Mais le caillou est toujours là et le pied a vite fait de valser, alors on se concentre, petits face aux Eléments.

Dernier « KV », 500 m de D+ sur 3 km pour arriver au refuge. Le deuxième groupe a besoin d'une carotte — et cette carotte, c'est Thibaud qui l’offre avec sa promesse de diabolo myrtille - panaché ! On le suit, le pas presque léger, jusqu'au bout. Et là, malheur: le grand Martin nous annonce que deux participants ont quitté la course à cause d'une blessure. Alex, qui est descendu avec eux, remonte, le short fendu sur le côté, ce qui lui vaut un coup de soleil… vertical. Florie a le dos partiellement brûlé par son sac — une superposition s'impose malgré les températures estivales. La montagne n'épargne personne, pas même les meilleurs.

Hébergement au refuge de la Pierre du Carre, une cabane à flanc de montagne où la nourriture est délicieuse, quoiqu'un peu chiche. Douche à l'arrosoir et à l'eau des torrents — tu m'étonnes qu'on se sente frais ensuite. L'équipe se ressoude malgré les départs, notamment grâce à une partie de tarot où les belles donnes se succèdent à la faveur de certains. Nuit étoilée. 

Jour 3 : remontada pour Alex, descentada pour tout le monde

Après avoir monté, il faut bien descendre : 28 km, 1 500 m de D+ et 2 800 m de D- au programme pour boucler le tour.

Les débuts sont rapides pour certains, lents pour d'autres, le manque de nourriture n'y est pas pour rien. Le déjeuner au refuge de la Perrière marque un tournant : la suite de la descente est plus roulante et permet — enfin — d'allonger la foulée jusqu'au village de La Rochette. Là, Alex L, qui avait laissé ses jambes à l'UT4M deux semaines plus tôt, accélère pour ne plus s'arrêter.

On l'a échappé belle, et grâce à qui ? Notamment aux trois grâces qui ont contribué à la réputation de ce massif de Belledonne.

Merci aux encadrants, merci a tutti pour ces trois jours incroyables de pierraille, de rencontres, d'efforts et de kif en montagne.

Le mot de la fin est pour Carla, notre déesse compétitrice, qui sera sur la ligne de départ le 22 août prochain. Forza !!