“Maussade is the new sunshine” : week-end découverte dans le BEAUFORTAIN
📋 Ceci est un compte-rendu de la sortie « Week-end Découverte ski de rando (Beaufortain Ouest) »
“Maussade is the new sunshine” : week-end découverte dans le BEAUFORTAIN
ARTICLE ÉCRIT PAR NOTRE EXPERTE ET RADIEUSE MARION CARCEL :-)

Après une première journée découverte du ski de rando avec le CAF, je m’inscris à une aventure un peu plus longue : deux jours à l’ouest du Beaufortain, toujours dans une optique de découverte de l’activité.
Jour 1, étape après étape
- Première étape : former la meute. Nous serons 25 (dont 4 encadrants, Jean-Philippe, Etienne, Eric et Jean). Départ à 6h30 de Lyon et rendez-vous à Moutiers pour le second petit déjeuner et un léger brief sur la suite. La météo est annoncée “maussade” malgré un lever de soleil qui laisse présager une belle journée…
- Deuxième étape : garer la meute. Les organisateurs ont fait durer le mystère jusqu’au bout et nous découvrons enfin notre objectif final, le Refuge du Nant du Beurre, à partir du village de Nâves. De là, nous formons deux groupes, avec d’un côté les plus expérimentés qui suivront Etienne et Jean, et de l’autre les plus novices - dont moi - guidés par Jean-Philippe et Eric. La mise en route prend toujours du temps car après les rappels (ou la découverte) liés à l’utilisation du matériel, nous vérifions les DVA - étape obligatoire avant de chausser claclac! et de prendre le départ.


- Troisième étape : l’art de traîner la savate. Le soleil a chassé les nuages et nous déconstruisons toute une éducation bien bâtie à coup de “lève les pieds quand tu marches!” en la remplaçant par une nouvelle philosophie : “laisse l’ado mécontent qui est en toi s’exprimer à travers tes pas”. Nous grimpons à travers bois en alternant la personne de tête afin d'apprendre à choisir les itinéraires les moins énergivores et d’avoir conscience que le leader doit s’adapter au rythme de son groupe. Nous faisons connaissance avec les autres membres du groupe en prenant le temps d’admirer les paysages du domaine nordique, neige fraîche scintillant dans la lumière maussade du jour.


- Quatrième étape : retrouver le reste de la meute… Qui a déjà eu le temps de pique-niquer et de commencer la sieste digestive. Je suis en petite polaire légère, j’ai troqué mon bonnet pour le combo casquette-lunette et je me sens exactement là où j’ai envie d’être. Nous rechaussons claclac ! et reprenons notre randonnée.



- Cinquième étape : cours de nivologie. Après l’égarement de quelques brebis (ceux qui savent… savent), nous nous retrouvons tous pour un atelier technique sur les différentes couches de neige, comment les reconnaitre, identifier les risques et apprendre à creuser pour sortir une victime d’avalanche. Les anecdotes de Jean viennent accompagner les démonstrations des volontaires qui n’hésitent pas à donner de bons coups de pelle !


- Sixième étape : hymne à la mousse ! Nous terminons notre randonnée au refuge du Nant du Beurre autour de 17h. Un groupe de 25 qui débarque en refuge se doit d’être discipliné et respectueux et nous sommes attentifs aux consignes d’Etienne pour ranger notre matériel et trouver nos dortoirs (coup de chance, pas de gros ronfleurs avérés dans le mien!). J’adore cette atmosphère chaleureuse et l’émulsion d’un moment convivial et confortable après une bonne journée dehors. Je me dépêche de ressortir pour profiter d’un coucher de soleil vraiment très maussade avec vue sur la Barre des Ecrins, puis je commande une Hymne à la Mousse avant d’échanger avec mes camarades du week-end. Un atelier cartographie se met en place. A 19h, le repas est servi : soupe chaude, tajine de poulet et semoule, petit moelleux au citron. Une eau chaude ou un génépi (même salle, deux ambiances !) et la fatigue de cette belle journée fait son apparition. Il est temps de se dire bonne nuit.


Jour 2, smile and ride!
7h30, petit déjeuner servi. 8h32, chambres libérées. 9h00 presque tous équipés. Nous avons été assez efficaces et c’est dans une brume épaisse que nous chaussons nos skis claclac!. On n’oublie pas le check DVA et formons à nouveau deux groupes. Aujourd’hui, mes encadrants sont Jean-Philippe et Jean, le MacGyver des montagnards qui, à coup de scotch américain, répare une peau de phoque en deux coups d’opinel. La brume se lève progressivement et le soleil fait son entrée sur scène : une nouvelle journée maussade commence ! C’est atelier conversion dans la première montée et petit à petit, les réflexes viennent.



Nous arrivons au passage technique de la journée : la traversée d’une pente assez raide où il nous faut y aller un par un en laissant de l’espace entre nous. Concentration maximale pour rejoindre le Col des Tuffs Blancs. C’est impressionnant mais je me sens en confiance et rassurée par la présence de nos encadrants, qui veillent sur nous et nous apportent toutes les connaissances nécessaires pour évoluer en sécurité en montagne.

Le groupe au complet se reforme au sommet, un selfie maussade avec toute la team et une vue de folie sur tous les massifs voisins et il est enfin l’heure que tout le monde attend… Dé-peauté ! Des petits pépins matériel nous prennent du temps mais nous finissons tous par passer en mode descente. Eric ouvre le bal et tout le monde se met en mouvement : il y a beaucoup de très bons skieurs mais je ne me sens pas de trop : j’y vais à mon rythme, je savoure les sensations de glisse sur une neige légère dans une pente douce et me dit que je voudrais faire ça tous les jours.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin… Il nous faut remettre les peaux pour atteindre le sommet du Grand Crétet, étape indispensable de notre randonnée puisque c’est là que nous pique-niquerons, vue dégagée à 360° et Mont Blanc dominant l’horizon. Finalement, la fin d’une bonne chose annonce le début d’une autre ! Le soleil se fait plus timide mais nous commençons la descente finale dans la joie et la bonne humeur avec un petit shooting photo improvisé. On s’en donne à coeur joie et très vite, la météo nous offre ses plus belles lumières (décidément, un week-end maussade jusqu’au bout !).




Un dernier atelier technique pour clore ce week-end découverte avec un exercice DVA, pour apprendre à utiliser correctement nos appareils et s’initier à la recherche de victimes d’avalanche. Notre mission ? Retrouver des DVA cachés par nos encadrants et émettant un signal. Nous sommes des équipes de 4 et clairement, certains ont plus d’avenir que d’autres dans une carrière de secouriste… Je note de bien choisir mon modèle de DVA si je dois investir et me promets de m’entraîner sérieusement à la maison. Après le sauvetage de 3 DVA pour seulement 2 plaques (la 3ème ayant finalement été retrouvée - je note aussi l’importance de bien communiquer pour éviter aux copains de creuser pour rien), nous reprenons le chemin du retour vers le parking de Nâves.

La fatigue commence à se faire sentir (certains ont la gentillesse d’aider les autres en les délestant de leur sac - c’est ça l’esprit CAF!) et le chemin dans la forêt laisse apparaître pas mal de cailloux. Qu’à cela ne tienne, je deviens experte du slalom en chasse-neige ! J’arrive au parking extrêmement reconnaissante de tout ce que j’ai appris et partagé ce week-end. Nous debriefons rapidement avec un dernier tour des prénoms (il n’est jamais trop tard), remercions nos supers organisateurs pour ce week-end maussade et reprenons la route pour Lyon, des souvenirs de soleil et de poudreuse plein la tête.





