Week-end chamoniard avec les Jeunes Alpinistes du Rhône

Le 20.09.2021, par RomainV-441, 3 commentaires


Récit du week-end glacier et assurage en mouvement du Groupe Jeunes Alpinistes du Rhône par Anaïs:

Et c’était parti, la fine équipe est de nouveau réunie pour des aventures folles, au programme de ce week-end chamoniard : révisions des manip sur glaciers le samedi et course d’arrête le dimanche. Donc un programme varié pour plaire au plus grand nombre.

Samedi matin, 9h, retrouvailles avec notre cher guide Guillaume au pied du tunnel du Mont-Blanc pour monter sur le glacier des Bossons (original pour une école de glace non ? Même le guide n’y avait jamais mis les pieds). On prépare les sacs, on règle ses crampons, on mange un coup et c’est parti pour la marche d’approche menée par notre p’tit Léo, donc autant vous dire que le rythme n’était pas de tout repos. Arrivé.e.s proche du glacier, la marche se complique parce qu’on est obligé.e.s de passer par la moraine (amas de débris rocheux, cailloux, blocs qui ont été transporté par un glacier), et la moraine comme tout le monde le sait c’est pas le terrain varié le plus simple à aborder ! Mais heureusement personne ne tombe (enfin la journée n’est pas finie ^^').

On arrive alors au pied du fameux glacier des Bossons, on s’équipe : crampons aux pieds, casque sur la tête, piolet en main et surtout le sourire sur le visage !
Feu flamme, on se lance sur le glacier en marchant tranquillement et en essayant de s’approprier le matériel pour les novices de la glace sous les conseils avisés des plus expérimentés. En marchant on retrouve même des débris de ce qu’on croit être le Malabar Princess mais en fait il s’agirait plus certainement de débris du Kangchenjunga, un avion indien s’étant crashé en 1966 sur l’arrête terminale du Mont Blanc (Nous avons en fait trouvé des débris des deux aéronefs NDLR). Bon laissons l’histoire de côté un instant et reprenons notre récit.

On se divise ensuite en 3 petits groupes, avec nos encadrants du jour (Guillaume le guidos, notre tonton Roro, et Seb) afin d’aborder 3 ateliers différents :

 - Avec Guillaume, une petite balade des plus sympathiques pour s’approprier la marche en crampons, on commence par des exercices simples avec le plantage des pointes de devant et l’utilisation du piolet-canne. Et ça commence à se compliquer avec de la marche en dévers, où la technique consiste à placer un pied dans le sens de la pente et un dans le sens de marche en déplaçant son piolet tous les deux mouvements, autant vous dire que tout le monde n’a pas survécu à cette épreuve, Anaïs a fini les fesses dans la rivière. Puis on continue en apprenant à remonter les pentes à moitié pentue (tu sais quand c’est moyen raide quoi, entre la pente où on plante les pointes de devant et celle où l’on marche à plat), et à descendre en 10h10 en pliant les genoux, là encore belle démonstration de glissade de notre chère Anaïs.

 - Avec Romain, c’était atelier mouflage, mais à quoi ça sert Jamy le mouflage me direz vous ? Et bien figure toi que c’est super important, parce que ça permet de remonter les copains de cordée qui ont fini dans une crevasse. La technique est bien technique si j’ose dire. L’intérêt est de décupler les efforts pour ne pas devoir tirer le poids entier du camarade (surtout depuis qu’on prépare assidûment nos winter body en mangeant bien gras). Donc par tout un micmac de matériel, on réduit la force nécessaire pour soulever le corps des camarades. On a joué le jeu à fond en envoyant (tranquillement et de manière sécurisée j’entends), les autres dans les crevasses pour mieux les remonter.  



 - Enfin, atelier remontée sur corde depuis le fin fond d’une crevasse avec Sébastien. Pareil que pour l’atelier précédent on descend dans les crevasses, mais cette fois c’est à nous même de devoir remonter sur la corde et se sortir de la crevasse. La méthode est assez simple en soi mais remplie de petits pièges dans lesquels on est tou.te.s plus ou moins tombées, mais pour mieux se souvenir de nos erreurs. Le principe consiste à placer un bloqueur sur la corde, rattaché sur une longe, un deuxième bloqueur plus près au niveau du pontet et de pousser sur les jambes pour les remonter l’un après l’autre. Simple dit comme ça, mais assez physique tout de même.
Les plus motivé.e.s ont ensuite pu prendre une paire de piolet traction pour faire une petite longueur de glace et finir de se cramer les bras avant de redescendre tranquillement aux voitures et d’arriver au camping à Cham.



Petite logistique du camping avec le montage des tentes, les douches… Puis instant clé pour la journée du lendemain : révisions des manip et des techniques d’évolution lorsque l’on sera encordé.e.s. Ça parle anneaux de buste, cabestan, demi-cab, longueur de corde… 

Et surtout, on n’oublie pas, “le danger, c’est la petite flemme”, donc on n’hésite pas à changer ses anneaux dès qu’on en ressent le besoin ! Guillaume nous présente ensuite le petit changement de programme sur la course d’arête, au lieu de faire la traversée des Perrons d’est en ouest, on la fera dans l’autre sens et en arrivant par la brèche de l'Enclave. La préparation qu’on avait faite de la course au préalable ne sert donc plus complètement. On choisit ensuite les membres de cordées, pour être efficace sur la préparation du matériel.
Vient ensuite l’heure que l’on attendait tous, celle d’ouvrir les bières, de prendre l’apéro et de se régaler d’une plâtrée de riz. Une dernière discussion sur notre part d’ordalisme et nos appétences traumatophiliques, avant de filer se coucher pour le réveil de bonne heure.

Après une petite nuit et un réveil aux aurores, on remballe le matos de camping et on se prépare rapidement et silencieusement pour prendre la route direction la Suiiisse (à prononcer avec la proéminence pénultiemme s’il vous plaît !). Certain.e.s en profitent pour finir leur nuit pendant le trajet, d’autres admirent le paysage qui se profile. Arrivé.e.s au Barrage d'Emosson, on se prépare un petit dej des plus roboratifs : le fameux porridge ! Une fois le gueuleton avalé, on finit de se préparer et l’on suit notre guide pour la marche d’approche.



Marche d’approche tranquille au début et qui se finit de manière un peu plus raide et avec des gros blocs de rocher. Le temps n’est pas de notre côté avec un peu de brouillard, mais on garde le smile. Les émotions de chacun et chacune sont différentes : excitement, stress, appréhension, mais une chose est sûre, tout le monde est heureux d’être là et ensemble.



Une fois au pied de la course, c’est parti pour l’encordement, les derniers conseils de nos encadrants et feu flamme c’est le départ. La toute première partie de cette montée est assez simple en mode randonnée ++ avec les mains, il faut donc bien se concentrer sur la gestion de la corde, poser quelques protections et progresser tranquillement.



Arrive ensuite la partie bien grimpante de la course du jour, on place nos meilleur.e.s grimpeur.euse.s en leader. C’est de la pure escalade, mais en grosses chaussures d’alpi donc pas aussi évident qu’en chaussons, mais les 3 longueurs grimpantes se passent très bien pour tout le monde. On a eu même un super passage en renfougne totale, malgré quelques appréhensions, on a tous passé un bon moment dans cette fissure. On rencontre beaucoup de cordées qui vont en sens inverse et qui font la queue pour les rappels, on est donc ravi de notre sens de circulation pour la journée.



Une fois au sommet, sur le fil de l'arête on prend une mini pause pour manger et boire puis, on interverti les leaders pour que tout le monde ait son expérience de premier.ère de cordée sur cette première course d’arête ensemble. Et c’est parti pour l’autoroute du kiff avec une belle arête où l’on se sent vraiment au sommet de tout, puisque rien n’est au-dessus de nous si ce n’est les nuages. Une belle partie de plaisir où l’on gère l’encordement à 15 m, en mettant quelques protections dans les descentes et juste la corde autour de becquets pour le reste. C’est assez fou de se dire que l’on est assuré juste de cette manière là. Ça nous change complètement de l’escalade sportive où l’on trouve des protections tous les quelques mètres !



Puis on attaque la redescente un peu technique où l’on reste encordé.e.s au début en faisant la technique de la laisse pour se retenir les un.e.s les autres avant d’arriver sur une partie plus randonnée où l’on peut défaire nos encordements et rentrer tranquillement au van.

Si je devais résumer ce week-end aujourd’hui, je dirais que c’était avant tout une belle partie de plaisir avec une équipe incroyable, des nouvelles techniques, un peu de stress et surtout une envie insatiable de remettre ça au plus vite !

Anaïs pour l’équipe promo FFCAM des Jeunes Alpinistes du Rhône,

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