Cycle Nature - Mobigloolité douce en Chartreuse - Traversée du Sappey à Saint-Pierre sans prendre les voitures

Le 18.02.2019, par NicolasB-95a, 1 commentaire


Quelle belle aventure ce week-end avec le cycle Nature du CAF de Lyon-Villeurbanne !

Mardi 12 février : le beau temps semble durablement s'installer après un nouvel épisode neigeux à basse altitude... C'est décidé, nous emmènerons le groupe découvrir la Chartreuse (ça tombe bien, je ne connais pas non plus). Et nous essaierons de combiner mobilité douce et bivouac, un igloo en l'occurrence, d'où la mobigloolité douce. :-)

Samedi 16 février : départ 4h50 me concernant, en vélo, avec tout l'attirail du skieur de randonnée. J'ai 7-8 bornes à faire pour rejoindre la gare d'Annecy. Le sac est bien lourd (matériel de bivouac + crampons et piolet, ça change des sorties à la journée...). Je retrouve Simon et Léa à la gare, pose mon vélo dans leur voiture. Puis nous prenons tous les 3 le train de 5h39, direction Grenoble. Difficile de trouver le sommeil, nous sommes bien excités par le petit périple programmé ce week-end.
Nous arrivons à Grenoble à 7h27. Vers 7h35, nous retrouvons les lyonnais (Thomas, Tiphaine, Yann, Sylvain et Martin) qui sont partis de Part-Dieu à 6h12.
Nous prenons le tram B à 7h50, nous en descendons à l'arrêt Notre-Dame - Musée, afin de monter dans le bus qui nous amènera au Sappey. Petit coup de flip devant le bus, car il y a bien du monde qui fait la queue. Mais nous sommes heureux de voir que nombreux sont les gens qui se dirigent vers la Chartreuse en transports en communs. Et encore plus heureux d'obtenir les précieux sésames qui nous permettent de tous monter à bord !

Dans le tram B à Grenoble


8h34, nous descendons du bus au Sappey et récupérons toutes nos affaires. Pour l'instant, tout se goupille comme imaginé, c'est parfait.
Nous chaussons rapidement les skis avec cet enneigement très bas, et nous entrons rapidement dans les si belles forêts chartrousines, délicatement éclairées, les grands arbres filtrant les rayons du soleil.
Le chemin est long pour rejoindre le premier col de la journée, celui de l'Emeindras, mais c'est si beau, nous en profitons pleinement.
Une fois le col passé, nous redescendons légèrement puis longeons la crête afin de gagner le second col, celui de la Faïta. De la crête, nous contemplons le massif de Belledonne, bien enneigé aussi, qui nous fait face, et adorons la vue plongeante sur la vallée du Grésivaudan.

Vue sur Belledonne depuis le col de la Faïta


Puis nous suivons la piste forestière en versant Ouest du Bec Charvet jusqu'au col du Coq.
Petite pause au col, mais nous ne traînons pas car ça chauffe fort.
Nous arrivons rapidement au col des Ayes, en ayant suivi tant bien que mal le GR. Puis nous nous élevons vers la Dent de Crolles, l'objectif étant de gagner le plateau (pour le bivouac du soir) par le trou du Glaz. Mais nous rebroussons chemin assez vite, au moment de traverser une combe orientée WNW, à cause de doutes sur la stabilité du manteau sur cette pente trop exposée à notre goût (suspicion de couche fragile peu enfouie, sous de la neige légèrement compactée par le vent). Qu'importe, nous irons construire notre igloo plus bas dans la vallée, vers le hameau de Perquelin.
Après avoir fait une pause pique-nique bien méritée au col des Ayes (suite au but en direction du trou du Glaz), nous décidons de monter notre camp dans une épingle sur le chemin, au dessus de Perquelin, à environ 1070 m d'altitude. Il est 16h.
Tout le groupe, ultra-motivé, s'active rapidement. Nous commençons par faire un monticule avec les sacs, puis nous le recouvrons de neige que nous essayons de tasser. Nous sommes un peu sceptique car la neige à peu de cohésion... Pendant ce temps-là, d'autres préparent le feu, vont chercher du bois, remplir les gourdes au ruisseau tout proche. Puis nous creusons également une tranchée que nous couvrons avec quelques branchages récupérés.
Vers 18h, après avoir laissé "au repos" la neige tassée pour l'igloo, nous creusons par le bas afin d'aller retirer les sacs à dos. Et ça marche, la neige tassée a bien durci, l'igloo tient. Après une heure à se relayer (pour creuser et déblayer), notre hébergement principal est terminé, 4 personnes pourront y dormir.
Au coin du feu, nous prenons un agréable dîner et nous faisons sécher quelques affaires bien humides après la construction de l'igloo. Puis nous nous couchons vers 22h, 4 personnes dans l'igloo, 2 dans la tranchée, et 2 autres téméraires qui passeront la nuit à la belle étoile.

Igloo et tranchée en cours de réalisation

Dimanche 17 février : réveil à 5h30, il ne fait pas froid (l'eau n'a pas gelé dans les gourdes laissées dehors). Mais la nuit ne fut pas très bonne pour certains qui ont rencontré des difficultés pour s'isoler du sol froid. Pour information, le thermomètre indiquait -1°C au point du jour.
Après un petit-déjeuner bien copieux, nous prenons le départ vers 7h30 avec près d'une heure de retard sur l'horaire envisagé...
Quelques beaux virages dans un champs resté poudreux au-dessus de Perquelin nous redonnent le sourire (le meilleur ski du week-end, dommage que ce fut si court...). Puis nous remettons les peaux (encore humides et bien froides) pour monter en direction du col de la Saulce.
Au col, Léa, en petite forme ce matin suite à la nuit difficile, décide, avec lucidité, de stopper là. Elle est accompagnée de Simon. Ensemble, ils remontent à la Scia afin de gagner le Planolet par les pistes de ski. Au Planolet, un premier pouce levé pour Saint Thibaud de Couz, puis un second pour Chambéry, leur permettent de gagner rapidement la gare, puis Annecy en train (arrivée à 14h40).
Le reste du groupe se dirige quant à lui vers les Lances de Malissard, histoire d'aller utiliser les crampons et le piolet que nous portons depuis la veille au matin. La trace est gelée jusqu'au pied du couloir W, nous mettons les couteaux. Puis nous chaussons les crampons avant la dernière traversée. Le couloir passe bien, malgré un petit ressaut un peu sec, il est bien tracé, le groupe est à l'aise.

On est surveillé dans la montée aux Lances de Malissard


L'arrivée sur la crête des Lances est magique, la vue s'étend de l'Obiou jusqu'au Mont-Blanc, et le vent de secteur SW soufflant par rafales rend l'ambiance encore plus alpine.
Nous chaussons rapidement les skis pour descendre la belle pente E des Lances de Malissard. Il est 11h30 et la neige est bien transformée, mais elle ne part pas sous les skis malgré la déclivité (le vent permettant de ralentir sa transformation, c'est d'ailleurs ce qui avait engendré plus tôt notre décision de continuer).
Petite pause au pied des Lances, puis remontée rapide et efficace par une bonne trace jusqu'au col de Bellefont.
La neige à la descente pour la cabane ne sera pas excellente (trafollée peu transformée), nous sommes restés dans la combe pour faire au plus vite.

Les plateaux de Chartreuse


Nous galérons un peu pour franchir le petit passage exposé juste après la cabane de Bellefont (nous avons préféré descendre 15 m dans la pente enneigée avec les skis pour certains, à pieds avec la corde pour d'autres, plutôt que de franchir la petite traversée exposée).
Puis nous récupérons la trace afin de se diriger vers le col de la Saulce.
Après avoir récupéré quelques affaires laissées sous la neige au col, nous remontons péniblement en direction de la Scia, nos sacs s'étant à nouveau alourdis. Nous arrivons au sommet à 15h30, puis 15h50 à Saint-Pierre.
Une petite bière, un petit saucisson, un petit reblochon (généreusement laissé par Simon et Léa), puis nous allons attendre notre bus de retour.
Il est 17h15, nous montons dans le bus. Le trajet de retour, par Saint-Laurent-du-Pont est un peu long, nous en profitons pour débriefer sur ces deux jours peut-être un peu trop intenses... :-)
19h10, nous arrivons enfin à Grenoble, juste à temps pour les lyonnais qui chopent leur train de 19h22.
Me concernant, ce fut un peu plus compliqué car le premier train pour Annecy a été supprimé... Il est 21h15, je me pose enfin dans un wagon. J'arrive sur Annecy à 23h... Mais je n'ai plus mon vélo, resté dans la voiture de Simon et Léa qui sont rentrés chez eux, plus tôt dans la journée. Et je ne me sens pas de rentrer à pieds ou en stop sur Epagny... C'est donc un but mobilité douce car on vient bien gentiment me récupérer en voiture à la gare. :-)

Voilà, ce premier week-end de mobigloolité douce fut intense, mais il se termine bien.
Ce n'est pas facile d'aller randonner en skis en laissant les voitures au garage... Les possibilités ne sont pas très nombreuses. Sur 1 ou 2 jours, il y a peu de répit (il est préférable d'envisager des traversées plus longues, et pas forcément en autonomie). Il faut compter sur la chance pour que tout se goupille bien (ce fut plutôt le cas nous concernant) et sur une sacrée bonne dose de volonté pour ne pas lâcher (bravo à tous les membres du groupe, votre motivation pour ces belles bavantes est sans faille !).
Un autre point, que je trouve un peu triste : les transports en commun, et ben ça revient quand même bien plus cher que prendre 2 voitures pour un groupe de 8... Comment peut-on motiver les skieurs de randonnée que nous sommes à changer d'approche si cela revient plus cher de consentir de gros efforts à voyager en mobilité douce ?
Et puis il faut compter sur des trains parfaitement à l'heure, ce qui n'est pas forcément garanti aujourd'hui, dans notre pays...

Mais nous le referons, tellement cette expérience est gratifiante et enrichissante. Le voyage démarre bien avant d'avoir chaussé les skis, et l'approche en douceur relève la saveur des paysages et moments passés en montagne.

Plus de photos en allant consulter le CR Skitour.


 

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