Premier week-end des Crocus : train, vélo, et chocolat belge (et ski)
Ski de randonnée
📋 Ceci est un compte-rendu de la sortie « Cycle Crocus Alpins - WE01 : Lauzière »
Article rédigé par Marie-Laure Balandier
Partir (éventuellement) skier sans aucun transport motorisé, uniquement en train et à vélo, skis de rando solidement arrimés au cadre, c’est le thème du cycle des Crocus Alpins. Récit de notre premier weekend…
Mercredi 18 février. L’apéro de préparation donne le ton. Le risque d’avalanche est annoncé à 5 ce vendredi. La route est fermée, coupée par des coulées de neige. Les nouvelles ne sont pas franchement rassurantes. Mais l’équipe reste motivée : en effet certains ont dépensé beaucoup d’énergie à recouvrir leur vélo de chambres à air pour protéger le cadre des skis, et d’autres ont déjà échauffé leurs mollets au Mont Thou, il serait alors dommage de tout annuler ! Nous décidons de réduire la durée du weekend, de ne partir que le samedi et d’ajuster nos ambitions.

Vendredi 20 février. Vendredi, nous recevons une photo du refuge de la part du gardien qui a réussit à l'atteindre : il a tellement neigé qu’on distingue seulement le faîtage du toit de la réserve ! Quelques pelletées seront nécessaires pour espérer accéder aux chambres !

Samedi 21 février. Départ du train annoncé à 6h50 en gare. Nous arrivons les un•es après les autres entre 6h30 et 6h48, tous•tes excité•es de l’aventure qui nous attend, traces d’oreiller encore visibles sur certaines joues… Huit vélos, huit paires de skis et 8 Crocus prennent alors place dans le train… Quelques discussions puis la plupart d’entre nous trouve un bout de siège pour terminer sa nuit.

9h15 : arrivée à Moûtiers. On arrime à nouveau nos skis sur les vélos, chacun•e avec une technique plus ou moins maîtrisée… après un petit tour à la boulangerie, nous voilà parti•es vers le Col de la Madeleine. Nous descendons une dizaine de kilomètres dans la vallée jusqu’à Notre-Dame-de-Briançon, quelques ajustements de paquetage seront nécessaires avant d’attaquer la montée sous le soleil : 15 km et surtout 1000 mètres de dénivelé positif que nous avalons lentement mais sûrement…


Nous arrivons à Celliers vers 13h00 pour une pause pique-nique en terrasse d’un café. C’est le moment de découvrir le butin qu’Alexandre transporte sur son vélo : un kilo de chocolat belge ! Par pure solidarité, nous l’aidons à s’alléger de quelques carreaux… Nous nous remettons en route pour la dernière centaine de mètres, puis nous rencontrons une bergère qui nous indique où entasser nos vélos. On se change, on se chausse, et c’est parti : Hélène et Martin nous ouvrent la trace jusqu’au Logis des Fées.

Point de décision à l’arrivée au refuge : qu’est-ce qu’on fait ?
Option A : Monter encore un peu pour profiter d’une descente
Option B : Faire des exercices DVA autour du refuge
Option C : S’installer en terrasse et profiter des derniers rayons du soleil
Les deux tiers du groupe les plus téméraires optent… pour l’option C. Les autres s’offrent quelques mètres supplémentaires, un beau point de vue et une descente dans une neige « un peu » croûte selon les dires des usagers.

Le soir, on débriefe, on consulte le BERA et la météo, on évalue la forme et les envies de chacun·e. On décide collectivement d’un plan pour le lendemain avec la méthode CSV : redescendre à ski, récupérer les vélos, filer vers Villard-Benoît puis le Biollay, viser le Col du Loup, demi-tour à partir de 13h45 max pour espérer attraper le train de 17h14 à Moûtiers. Il va falloir être bon•ne sur les transitions ! Un autre cycle du CAF de Lyon-Villeurbanne est aussi au refuge ce soir, avec des plans similaires pour le lendemain et surtout des paris quant au groupe qui arrivera le premier au Col du Loup ?

Dimanche 22 février. Départ à 8h00 du refuge, les Crocus entament la descente dans une neige croûtée à souhaits. Chacun·e son style : sur les talons, en dérapage artistique, en conversions appliquées, en chutes acrobatiques à répétitions (soit disant pour goûter la douceur de la neige)… Les cent derniers mètres avant de retrouver les vélos offrent enfin une neige bien verglacée, suffisamment béton pour enchaîner trois virages : virage, du ski plaisir, un vrai bonheur !

On fait notre transition « ski / vélo » dans les temps, puis nous descendons en direction de Villard-Benoît. C’est ensuite un joli raidillon de 4 km et de 400 m de dénivelé qui s’impose à nous… Ça pique, ça sue (ça tombe dans la boue à l’arrêt), ça grince, ça couine, mais on avance. Nous croisons l’autre groupe en minibus : les conditions observées sur le départ de la course n’inspirant pas confiance leur a fait faire demi-tour, ils décident de retourner à Celliers pour un plan B. Nous poursuivons quelques mètres pour constater par nous-mêmes les paquets de neige sur talus glissant. En effet. Il est presque 11h. Décision collective : on redescend légèrement, on trouve un champ de neige au soleil et on décide de faire des exercices DVA.
Pendant que Ludivine et Hélène préparent la scène de l’exercice, nous pique-niquons au soleil dans une jolie épingle goudronnée… Fromage de brebis acheté à la bergère auparavant et chocolat belge (bien sûr) agrémentent nos collations. Puis, un par un, nous partons à la recherche de 2 DVA enfouis sous la neige.

13h45 : tout le monde est prêt, trois tours de pédale et c’est parti en roue libre jusqu’à Notre-Dame-De-Briançon, puis nous récupérons une jolie voie verte entre Aigueblanche et Moûtiers nous demandant de la concentration jusqu’au bout pour slalomer entre poussettes, cannes et chiens. Finalement nous attrapons le train de 15h17. Nous investissons le wagon vélo, nous débriefons du weekend et nous réfléchissons déjà au prochain weekend. Arrivé•es à 18h10 à Lyon, c’est le moment de se dire au revoir… Et il reste encore du chocolat à Alex.

Bilan du weekend. 400 mètres de ski au compteur… Mais une belle (première) expérience en éco-mobilité, et une grande envie de recommencer le mois prochain => le moral des troupes ne fond pas à la première croûte !





